Magritte-Pipe1

(juste pour être certain que l’on parle de la même pipe)

Pour autant que je sache, les hommes et les femmes de notre époque se ressemblent tous dans un domaine très particulier. Je me demande souvent s’il s’agit d’une épidémie endémique au Québec ou si elle se retrouve un peu partout dans le monde. J’espère sincèrement qu’elle se limite à notre peuple seulement. Voici mon affirmation : nous sommes programmés pour dire non à tout. Je crois même que cela est maintenant ancré dans notre génétique et que donc, cet état de fait est devenu presque irréversible. Tout ça m’amène bien entendu une question. Y a-t-il une morale derrière toutes ces négations ?

Commençont par prouver mon point. J’ai beau chercher dans mon for intérieur, je ne me rappelle pas avoir déjà dit oui directement et simplement à quelque chose qui m’était proposé. Au gros maximum, la réponse qui m’a traversé l’esprit a été : oui, mais… Par exemple, tous ceux qui me connaissent vous le diront, je suis un grand fanatique de sport, surtout de hockey et de football. Je mentirais aussi, si je vous disais que je n’apprécie pas très fortement le magnifique corps des femmes. D’ailleurs, je me permets là un intermède pour tout de suite exclure la possibilité que Dieu ait façonné le corps des femmes avec une cote d’Adam. Il suffit d’un coup d’œil rapide à la différence entre les deux corps pour réaliser que cette beauté ne peut pas provenir d’un être aussi quelconque. Désolé les gars, mais avoué que nous sommes plutôt ordinaires.

Donc, comme je le disais, on comprend, à travers mes goûts, qu’il serait logique de croire que l’idée de me faire faire une pipe par une splendide femme, tout en écoutant le Superbowl, serait un fantasme pour le moins vibrant pour moi. Alors, si Erica Campbell, (voir mon article précédent), arrivait pendant la partie ultime de la Ligue Nationale de Football avec un air aguicheur et me proposait ses services buccaux afin de réaliser le tout, est-ce que je dirais oui ?

Watching The News

Non, encore une fois, j’ai beau essayé de croire le contraire, la réponse est : Oui, mais… Sommes-nous seuls ? Je regarde toujours le Superbowl avec mes amis et je n’apprécierai pas beaucoup qu’ils assistent à la scène. Oui, mais… Devra-t-on parler après ? Le caractère sacré de la partie ne peut en aucun cas être interrompu par des mondanités anodines, même si cela me prive d’un rêve. Oui, mais… Et si tout se passe comme je l’imagine, aurais-je des remords d’avoir ainsi utilisé une femme si belle pour arriver à mes fins ? Parce que j’ai beau tenté de me convaincre que je suis un salaud, j’ai quand même de la considération pour la gent féminine.

La morale : Je suis une espèce de grosse doudoune qui réfléchit beaucoup trop avant d’agir. Le pire, c’est que le plus souvent, après avoir réfléchi sur le pour et le contre de dire oui. Je finis par dire oui alors que je n’aurais pas dû. Avec les conséquences que cela implique. Tout d’abord parce que je déteste dire non, même si je suis programmé pour, et aussi, parce que par orgueil, on finit toujours par obtenir tout de moi.

Non, ce n’est pas la bonne morale. La vraie, c’est que je vous remercie tous. Grâce à vous, il m’arrive quand même parfois de dire oui, après une intense réflexion et d’en être heureux. Parce que cela me permet de découvrir des gens et des activités que je n’aurais pas connues autrement.

Non, ça non plus, ce n’est pas la bonne morale. C’est bien trop rose pour moi. (Même si c’est vrai). Il faut que je continue d’être un gros dur. Donc, je vous dis : dites donc oui plus souvent, et je ferai la même chose.